De nouveaux mouvements de protestation risquent de
perturber l’année académique 2017-2018, dans le département de l’Artibonite.
Comme il a été annoncé, les membres de la Plateforme des syndicats
d’Enseignants de l’Artibonite (PESA) observent depuis le mardi 20 février un
arrêt de travail illimité, pour porter les responsables du ministère de
l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) à répondre à
leurs desiderata.
Les enseignants protestataires exigent de l’État
haïtien de meilleures conditions de travail. Leurs revendications sont toujours
les mêmes : lettres de nomination pour tous les enseignants et membres du
personnel en poste, paiement intégral de tous les arriérés de salaire, adoption
et application d’une grille salariale plus équitable, restructuration du
service de “Kredi Pam” de la Banque Nationale de crédit (BNC), amélioration du
service d’assurance.
Le ministre de l’Éducation nationale, M. Pierre Josué
Agénor Cadet, a été bel et bien notifié depuis le 16 février, a-t-on appris,
d’une source proche des protestataires. Ce mouvement de grève est à son
deuxième jour. Tous les établissements scolaires publics du département de
l’Artibonite sont déjà affectés par cette mesure. La majorité des professeurs
ont abandonné les salles de classe. Les cours y sont pratiquement perturbés. Le
président de la Plateforme, le professeur Didier Pierre, s’est dit satisfait du
déroulement des deux premières journées. La réussite selon lui est dans l’ordre
de 80% selon le syndicaliste qui n’entend pas lâcher prise. Ce mercredi 21
février, les grévistes ont organisé un sit-in devant les locaux de la direction
départementale du MENFP afin de faire entendre leur voix. Pancartes en main,
ils ont scandé leurs principales revendications, les protestataires sont très
critiques à l’égard du ministre de l’Éducation nationale, Pierre Josué Agénor
Cadet, et du chef du gouvernement, Jacques Guy Lafontant. Pour eux, ces
derniers n’ont aucun respect pour les enseignants. « Ils nous traitent en
parent pauvre », a lâché un professeur en colère.
Réagissant sur la grève des enseignants, le directeur
départemental du ministère de l’Éducation nationale, M Renoit Ecol, est plutôt
serein. « Pour le bien de la nation, les enseignants doivent regagner les
salles de classe », a-t-il déclaré. Pourtant conscient de la justesse des
revendications de ses collègues, Renoit Ecol avance que les demandes des
grévistes ne peuvent pas être satisfaites du jour au lendemain. Le MENFP est
mobilisé afin de pouvoir apporter des éléments de solutions aux problèmes liés
au système éducatif, le responsable de la DDEA/MENFP a, tout simplement demandé
aux enseignants de patienter un peu. Selon M. Ecol, le ministre Cadet prend
très au sérieux les revendications des enseignants et travaille d’arrache-pied
pour régulariser, particulièrement, la situation des enseignants en salle de
classe qui n’ont pas encore leur lettre de nomination.
Source: Le National/Dieulivens JULES

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